Contexte historique

Depuis des temps immémoriaux, la plupart des peuples indigènes des Amériques ont fait usage de tabac. Le premier contact des Européens avec le tabac en Amériques a eu lieu le 12 octobre 1492, le jour où Christophe Colomb a échoué à l’île Tortue (en Amériques).*

Il y a un mythe voulant que Christophe Colomb cherchait les Indes; voilà pourquoi les Indigènes amérindiens/les Premières nations ou Autochtones ont été appelés Indiens. Toutefois, il s’agit d’un des plus grands mythes qu’on ait jamais raconté. Au moment où Christophe Colomb est débarqué à l’île Tortue, une île sacrée des Amériques, l’Inde était alors désignée Hindustan, et non pas l’Inde. Par conséquent, Christophe Colomb n’était pas à la recherche de l’Inde. Il existe des cartes remontant à 1492 qui corroborent ces faits. Cela dit, le nom Indien que les Européens ont attribué aux premiers habitants vient de Ninos dans Dios, ce qui signifie « les enfants de Dieu ». Ils les ont qualifiés ainsi parce qu’ils avaient trouvé selon eux des peuples vivant près de Dieu ou divins. Il existe en Espagne de la documentation à l’appui de cette information. À la longue, les gens n’utilisaient pas le nom en entier Ninos in Dios, mais ils l’avaient plutôt raccourci pour dire « in Dios » – de Dieu. Des années plus tard, les Anglais ont colonisé le Hindustan et le nom de ce pays est devenu l’Inde. En espagnol, le nom des Indiens est Indios, ce qui ressemble à « In Dios ». De là, la création du récit évoquant Christophe Colomb à la recherche de l’Inde et découvrant les premiers habitants qu’il désigne des Indiens par voie de conséquence . Ce mythe répond bien aux besoins de l’histoire. Il a permis de rationaliser les actes de génocide et les atrocités commis à l’égard des Amérindiens/Premières nations, compte tenu que, si on les avait reconnus comme enfants de Dieu, ce qui s’est produit n’aurait jamais été admis ou toléré.

Comme Christophe Colomb et son équipage avaient hissé le drapeau d’Espagne pour revendiquer la possession du pays au nom de Ferdinand et d’Isabella, le roi et la reine d’Espagne, les peuples indigènes leur ont présenté des cadeaux pour leur souhaiter la bienvenue sur leur territoire. Parmi ces offrandes, il y avait des feuilles séchées, jaunâtres et odorantes d’une plante inconnue. Les marins, ne sachant ce qu’étaient ces feuilles et n’ayant par conséquent aucune possibilité de l’utiliser, jetèrent ce cadeau. Après tout, ce qu’ils recherchaient, c’était de l’or. Des années plus tard, ils se sont rendus compte qu’en fait, ils avaient trouvé de l’« or » en recevant ces feuilles.

À mesure qu’un plus grand nombre de marins et de marchands venaient en Amériques, le tabac devenait populaire, de sorte qu’en l’espace d’un siècle, l’usage du tabac s’est répandu dans toutes les parties du monde. Cette propagation se poursuit de nos jours et aucune autre découverte n’a jamais été si largement adoptée que l’usage du tabac.

Dans les années 1600, les colons anglais installés dans ce qu’on nomme aujourd’hui les États-Unis s’étaient appauvris et ils se sont rendus compte qu’ils pouvaient y avoir une source de revenu en cultivant et en exportant du tabac. C’est en 1613 que le premier chargement de tabac a été expédié en Angleterre. Le tabac ayant suscité un véritable engouement, étant considéré comme un produit à la mode, il a été facile pour l’Angleterre de le taxer, d’en faire une entreprise très profitable. Jusqu’à présent, le tabac continue de faire l’objet de taxes élevées et d’être une source de profits assurés; ce qui est intéressant, c’est qu’au Canada, en s’appuyant sur l’effectif de la population, on consomme plus de cigarettes fabriquées que dans n’importe quel pays industrialisé important.

La Compagnie de la Baie d’Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest ont été les premières à offrir du tabac et de l’alcool comme dons dans des cérémonies afin d’attirer les Autochtones et de favoriser les échanges commerciaux. Toutefois, les Premières nations étaient conscientes de la différence entre le tabac qu’elles cultivaient et celui offert par les négociants en fourrures. Les Autochtones ont continué à faire usage du tabac qu’ils cultivaient à des fins sacrées/pendant les cérémonies, mais ils ont commencé à fumer le tabac importé provenant des négociants en fourrures. Après la colonisation, dans le cadre de la signature des traités et de la Loi sur les Indiens, le gouvernement a interdit les cérémonies traditionnelles; c’est pourquoi il est devenu presqu’impossible de transmettre aux générations subséquentes les façons de faire traditionnelles pour la culture et l’usage à des fins rituelles du tabac. L’assimilation forcée et la fréquentation des pensionnats ont aussi eu des répercussions sur l’usage du tabac par les Autochtones du fait qu’ils ont commencé à adopter les habitudes européennes, dont l’une d’entre elles consistait à fumer.