Quelques faits et chiffres
Même si l’usage traditionnel du tabac a un caractère sacré et est aussi considéré comme une partie essentielle de la vie autochtone, l’usage du tabac à mauvais escient et de façon non-traditionnelle est quant à lui devenu un fléau meurtrier.
Le tabac n’a plus de valeur comme symbole sacré si on en fait un mauvais usage, s’il sert à des fins non rituelles ou à des fins non traditionnelles. Pour les collectivités des Premières nations et inuites, l’usage non traditionnel et abusif (dommageable) du tabac est devenu un très grand problème. Cette nocivité du tabac provient de la fumée du tabac, mais il y a aussi un autre usage dommageable, celui du tabac sans fumée.
Culturellement et traditionnellement, les Inuits ont une histoire différente en ce qui a trait à l’usage du tabac. Pour la plupart des Inuits, le tabac n’est pas une plante sacrée, même si des Inuits s’en servent dans des cérémonies. Il fait trop froid dans les territoires des Inuits pour cultiver le tabac. C’est par le biais de relations commerciales que le tabac a été introduit chez les Inuits, particulièrement dans les secteurs plus au sud de leurs territoires. Le commerce du tabac a augmenté avec l’arrivée des négociants européens; actuellement, les collectivités inuites ont un taux de tabagisme se classant parmi les plus élevés au monde.
La fumée du tabac désignée sous « fumée de tabac ambiante » (FTA) expose le fumeur et les autres de son entourage à plus de 4000 substances chimiques dont certaines sont toxiques et au moins 50 d’entre elles d’après l’évolution connue causent le cancer. On fait mention de la formaldéhyde, de l’acide cyanhydrique, du monoxyde de carbone, du goudron et de l’arsenic. La quantité de ces substances chimiques est minime; il reste cependant qu’elles augmentent en intensité à chaque cigarette et même à chaque bouffée de cigarette.
On attribue à la fumée de cigarette de nombreux problèmes de santé comme des problèmes cardiaques, le cancer de la bouche, de la gorge, de la langue, du larynx, de la vésicule, du col; l’emphysème, la bronchite chronique, la perte des dents et la maladie des gencives. Le tabagisme contribue à l’aggravation des complications du diabète, comme l’amputation, la perte de la vision (cécité) et l’accident vasculaire cérébral (AVC).
Quant à la fumée secondaire ou la fumée de tabac ambiante, elle fait du tort aux non-fumeurs autant, sinon plus, qu’aux fumeurs. En effet, il y a plus du triple de la quantité de goudron et six fois plus de nicotine dans la fumée secondaire indirecte que dans l’inhalation de la fumée. La fumée des autres porte également atteinte aux futures générations. Si des parents ou d’autres proches fument dans le milieu où vit un enfant, il y a une fréquence plus élevée de problèmes de l’oreille moyenne, de toux, de wheezing (sifflement) et de crises d’asthme. Le tabagisme contribue également à la mortalité infantile, de même qu’à faire du tort à un enfant à naître.
Le tabagisme n’est pas la seule forme de tabacomanie, ni de dépendance au tabac. Certaines personnes ne fument pas de tabac, mais elles consomment plutôt du tabac à mâcher (à chiquer) ou à priser. Cependant, le tabac à mâcher est tout aussi préjudiciable pour la santé et il a un pouvoir toxicomanogène ou d’accoutumance tout aussi puissant que le tabac à fumer; il contient des centaines de substances toxiques. Il est associé à des risques importants pour la santé comme le cancer de la bouche, le cancer de la gorge, les maladies cardiaques, l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’affection gingivale/maladie des gencives, l’ulcère peptique et des problèmes liés à l’infection urinaire et à la vésicule.
La fumée de tabac tue plus de 47 000 personnes au Canada chaque année. C’est quatre fois le nombre global des décès causés par le sida, par des accidents de la circulation, par le suicide, par des incendies et par des empoisonnements accidentels. Le tabagisme est bien vite devenu le premier facteur de mortalité dans les collectivités des Premières nations et inuites et il commence à l’emporter sur le diabète comme cause principale de décès.
Le tabagisme continue d’être une cause importante de décès évitables en Amérique du Nord, même si le nombre des fumeurs a baissé, les taux de mortalité et de morbidité demeurent élevés. Selon l’Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières Nations – dont les résultats ont été dévoilés à la mi-septembre 2006 – le taux de tabagisme des Autochtones est passé de 62 % en 1997 à 58,8 % en 2002, à l’échelle canadienne. Au Québec, la prévalence a régressé de 61,8 à 55 % pour ces mêmes années. Environ 51,2 % des jeunes amérindiens fumaient, en 2002. Toutefois, il est impossible de savoir si leur consommation a varié puisqu’ils n’étaient pas inclus dans la précédente édition de l’enquête.
La prévalence du tabagisme chez les autochtones du Canada demeure [donc] élevée, malgré un déclin graduel. Selon de récentes statistiques (4), le taux de tabagisme au sein des populations des Premières nations du Canada (59 %) est toujours environ trois fois plus élevé qu’au sein de la population générale canadienne. Chez les adolescents de 15 à 17 ans, le taux de tabagisme chez les garçons (47 %) et les filles (61 %) est toujours trois fois plus élevé qu’à l’échelle nationale. Dans le cadre d’une étude menée en 2005 auprès d’une communauté des Premières nations du Manitoba (5), 82 % des adolescents de 15 à 19 ans fumaient. De même, 70 % des Inuits de 18 à 45 ans sont fumeurs.
L’usage et le mésusage du tabac chez les autochtones – mise à jour 2006 Comité de santé des Premières nations et des Inuits, Société canadienne de pédiatrie (SCP) http://www.cps.ca/francais/enonces/II/FNIH06-01.htm
Au Canada, en général, les jeunes femmes fument plus que les hommes. Il en est de même chez les communautés autochtones. De nombreuses études ont démontré que les mamans autochtones tendaient à fumer deux fois plus que les autres mères canadiennes pendant leur grossesse. Environ 53% des mamans autochtones fument lorsqu’elles attendant un enfant, en comparaison de 26% de leur contrepartie non autochtone.
Les statistiques concernant les mamans autochtones et le tabagisme sont inquiétantes, voire alarmantes. De plus en plus, les recherchent dévoilent les conditions médicales et sociales délétères qui découlent du tabagisme chez les jeunes mères autochtones. Voici une liste qui en citent quelques-unes :
- THADA (Trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention)
- Cancer infantile
- Enfants avec un quotient intellectuel de 70 ou moins
- Enfants (et plus tard des adultes) présentant des troubles de comportement
- Complications pendant l’accouchement
- Diabète précoce
- Taux de naissance réduit
- Problèmes au niveau du placenta
- MSN (Mort Subite du Nourrisson)
- Avortements spontanés
- Morts-nés (http://med.stanford.edu/medicalreview/smrp14-16.pdf, http://www.niichro.com/FHealing%20Hearts/heal_3.html, http://www.chem-tox.com/pregnancy/smoking.htm )